Stephan Bodzin

26 janvier 2019 - 229 vues
Genre minimal, minimal techno, techno, electronic, tech house

"Kosmische" en allemand, c'est l'expression consacrée pour désigner la version planante et électronique du krautrock. Des formations mythiques comme Tangerine Dream (voir leur fameux Zeit de 1971), Cluster (particulièrement Zuckerzeit en 74) ou encore Klaus Schulze période Cyborg ou Blackdance, restent les maîtres incontestés, ainsi que les parfaites illustrations du son typique de la kosmische musik. Stephan Bodzin étant allemand, il n'est donc pas vraiment étonnant de le voir perpétuer la tradition avec autant de talent, même si certains préfèreraient voir dans son premier album Liebe Ist… l'ombre tutélaire de l'anglais James Holden. James Holden et sa techno progressive teintée d'electronica, étant lui-même grand amateur de kosmische allemande des 70's, l'explication semble évidente, la filiation également et la boucle est ainsi naturellement bouclée.

Mais "kosmische" vous l'aurez compris, c'est aussi "cosmique" en VF, et cosmique, la musique de Bodzin l'est véritablement. "Trancey" même, d'où certainement, l'affiliation facile au son Border Community, Holden/Fake, même si le bonhomme n'a vraiment de leçons à recevoir de personne. Et c'est bien normal, car malgré une relative discrétion dans le who's who house et techno, l'allemand est loin d'être un novice. Après des années passées à exercer ses talents de producteur pour des pointures comme Marc Romboy ou Thomas Schumacher, ce compagnon d'Oliver Huntemann, pour lequel il fait également office d'homme aux manettes, se décide enfin à privilégier sa carrière. Avec plus d'une dizaine de maxis parus l'an dernier sur des structures aussi variées que Gigolo ou Datapunk, Stephan Bodzin sort donc enfin un Liebe Ist… largement attendu par les initiés de l'électrosphère du monde entier.

Précisons tout de même que ce spécialiste des faux départs a bien failli nous décevoir sur "Mondfahrt" et "Planet Ypsilon", les deux premiers morceaux pas vraiment emballant d'un album pourtant impeccable. L'exercice reste malgré tout intriguant dans sa tentative d'union de glitch electronica et de rythme 4x4, laissant entrevoir une véritable techno du 3ème type dont on comprend qu'elle ait séduite les amateurs de Border Community. Mais qu'à cela ne tienne, même les faux départs, Bozdin sait les exploiter à fond. Mieux, il en joue ! Il suffit de se laisser emporter par l'éponyme "Liebe Ist…" pour en prendre la mesure, une track aux nappes rappeuses dans laquelle l'Allemand tient son auditeur en haleine durant près de 6 minutes pour littéralement nous exploser la tête à la septième. Un exercice de saturation que le producteur semble apprécier puisqu'il bâtit une bonne partie de son album sur cette recette.

Bozdin a d'ailleurs une façon bien à lui de développer ses titres, imposant une tension impressionnante plombée de basses roulantes, de nappes terrifiantes ("Fahrenheit", "Kerosene" - wouah !) toute en progression dramatique et en montée diabolique (voir "Turbine" le bien nommé). L'ensemble, on y revient, est clairement cosmique ("Luka Leon", "Meteor") et complètement trippé ! Globalement, on ne se lasse pas de le dire, Liebe Ist… est une des excellentes surprises de ce printemps, et croyez-moi, même s'il y en aura d'autres, gageons que cet album restera parmi les tous meilleurs de 2007. Et qui sait, un petit tour sur son profil myspace suffira peut-être à vous en persuader…


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